Wang Anyi Bibliography Generator

1Entre blandices exotico-commerciales et une réalité plus prosaïque, entre séductions identitaires et mirages culturels, la Chine réserve quelques surprises. Et autant de déconvenues. Stéphane Fière, guide-interprète depuis près de trente ans en Chine, met en scène ce jeu de miroirs déformants sur fond de bouleversements sociaux et culturels.

2“Dans la société nouvelle, entre les injonctions contradictoires, entre l’amour et les convenances, entre l’argent et les cinq vertus, comment choisir ?” C’est ici que débarque François Lizeaux, jeune traducteur officiel en poste au consulat de Shanghai pour trois ans. L’auteur égrène les journées et les nuits de travail, les rencontres, les émois et les déceptions d’un jeune homme fragilisé immergé dans le chambard chinois.

3Ce faisant, l’air de rien, il invite à réfléchir aux processus d’identification et d’acculturation qui conduisent un jeune Français déjà meurtri par son enfance et son passé hexagonal à se donner, corps et âme, à son nouveau pays et à s’affubler d’une nouvelle identité. “Libre. Délesté”, François Lizeaux alias Li Fanshe barbote dans le monde des apparences.

4Les “expatriés”, ces immigrés français venus “faire fortune en Chine”, ne s’embarrassent pas de telles subtilités. Eux s’en donnent à cœur joie, rêvent de taux de croissance à deux chiffres et se trémoussent aux charmes tarifés de sirènes nocturnes. L’intégration, c’est pour les ploucs du Sud qui débarquent à Paris, pas pour les pébéas ou pba (petits Blancs arrogants) en goguette dans le nouvel Eldorado des Occidentaux.

5Les plus de 300 pages de Double bonheur offrentun exercice de style époustouflant de justesse et de précision. Tout en maintenant la même tonalité, la même ambiance de bout en bout du récit, Stéphane Fière multiplie les registres et introduit des variations de rythme dans une langue parfaitement maîtrisée enrichie d’un vocabulaire abondant et de citations, de paroles, de références culturelles et culinaires chinoises. Dans le jeu de miroirs du multiculturalisme globalisé et l’entrelacs des relations exotico-béates entre Chine et Occident, Stéphane Fière met un peu d’ordre et brise quelques illusions. Retour vers le réel !

6Pour prendre la mesure de ce chamboulement chinois, on peut aussi lire Wang Anyi, l’auteur du Chant des regrets éternels (Philippe Picquier, 2006). Shanghai est au centre de son nouveau livre. Un long texte introduit cinq récits tirés de l’histoire et des légendes de la ville.

7Pour appréhender la société chinoise de ce début de siècle, on peut se référer à l’ouverture économique du pays, à son système politique, aux choix et aux options de ses dirigeants, au choc des valeurs ou aux mouvements des populations et autres “mingong” (ce que fit par exemple Stéphane Fière dans La Promesse de Shanghai (Bleu de Chine, 2006)). On peut aussi plonger dans l’espace de ce pays-continent et suivre Wang Anyi dans ses déambulations urbaines. De Shanghai, elle évoque les visages, les odeurs, les quartiers, la langue ou les légendes. Elle compare sa ville à Pékin. Pékin “la ville-texte” et Shanghai “la ville-nombre”. D’un côté l’intelligence, l’intuition, la beauté et la civilisation, de l’autre l’efficacité, le calcul, la logique, l’utilitarisme. Les deux mille ans d’histoire de la capitale offrent à l’écrivain “un outil et une arme”. Shanghai, elle, est une ville sans passé, toujours disponible à ce qui vient de l’étranger. Face “à la culture sans culture de Shanghai, cette culture vulgaire, celle de la classe montante qui n’a aucun sens historique”, les “écrivains, lecteurs et critiques”, tous formés “par un même enseignement, la culture confucéenne des lettrés”, se retrouvent “démunis”, dépouillés de leur “capacité de jugement” et sans avoir “eu le temps de concevoir des concepts esthétiques neufs”.

8Et pourtant, comme l’écrit Stéphane Fière, “comprendre son environnement et s’y adapter[constitue]les premiers pas vers la félicité”. Cette maxime pourrait s’appliquer à la perfection à l’héroïne du roman de Chi Li, une des figures de la littérature néoréaliste chinoise (dixit l’éditeur). Célébrité est une femme pragmatique, intelligente et déterminée. Il lui faut être clairvoyant pour défendre ses intérêts et sa famille – et se livrer à d’utiles manipulations. Célébrité veut récupérer la propriété de son logement. C’est elle qui gère son petit restaurant, Chez Tété, où l’on sert des cous de canard. Elle aussi qui veille sur ses deux frères et sa sœur cadette et materne amoureusement son neveu.

9La romancière Chi Li dresse le portrait d’une Chine au quotidien. Nous sommes à Wuhan, dans la rue du Bon-Augure, au milieu du peuple. Des gens ordinaires au quotidien ordinaire. Les uns et les autres travaillent, tentent avec plus ou moins de succès de faire au mieux avec les moyens du bord. Le soir venu, la rue s’anime. Le marché de nuit s’installe. Les commerçants s’activent et dressent leurs étals. Le Chinois aime festoyer et manger au grand dam d’un voisinage fatigué de ce bruit. Célébrité n’est pas pour rien dans cette animation et ce vacarme. C’est elle qui, portée par le vent d’Ouest soufflé par le vieux Deng Xiaoping, ouvrit, sans autorisation, le premier restaurant privé de la rue. C’est dire si rue du Bon-Augure, Célébrité est une figure. Une idole pour certains. Et son culot en impose.

10Dans ce court récit, Chi Li, une fois de plus, utilise quelques détails anodins, des objets du quotidien, des faits ordinaires pour camper ses personnages et décrire sa société.

11Les mœurs changent. “Les coucheries” deviennent “monnaie courante”, il s’agit d’un “commerce” où chacun jauge son “intérêt”. Les boîtes de nuit se multiplient et avec elles les “triples compagnes” : “compagnes de table, de boisson et de lit”. On divorce, on concubine, et expose sa vie privée. Même les dignitaires du régime, c’est dire. La vénalité titille les convoitises et les désirs de réussite carburent à l’ambition démesurée. Les amants montrent plus de vigueur en affaires qu’entre les bras d’une femme amoureuse. Le temps de l’idéalisme est révolu.

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...An American in Paris, Again - Alexander Wang at Balenciaga - NYTime... http://www.nytimes.com/2012/12/09/fashion/an-american-in-paris-again-... December 7, 2012 An American in Paris, Again By ERIC WILSON ALEXANDER WANG may be the savviest designer of his generation. At 28, he is the rising star who built a global multimillion-dollar business in less than a decade, opened his own stores in New York and Beijing and, last week, landed a plum job at a prestigious label in Paris, when he was named the creative director of Balenciaga. Some see Mr. Wang’s appointment as symbolic of the triumph of youth; others see the demise of fashion. “It was a coup for Alex, and a coup for American fashion,” said Diane von Furstenberg. But, she added, “he’s going to need some mentoring in Paris.” In a way, it is fitting that Mr. Wang should become the first American designer to take on a big, historic European design house since Marc Jacobs, Michael Kors and Narciso Rodriguez went to Paris in the late 1990s. (Only Mr. Jacobs, with his role at Louis Vuitton, remains there.) While other young designers have occasionally been proposed for such lofty jobs, it is Mr. Wang who most perfectly represents his generation’s more accessible and business-minded approach to fashion. He also reflects the growing prominence of designers of Asian descent who are making their mark on the global stage. He is young, energetic,...

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